J'sais plus trop quoi penser...
Une année à nouveau. Autre chose, tout recommencer depuis le début.
Comme si on oubliait la vie qu'on a, pour en avoir une nouvelle. Peut-être pour se donner la peine d'oublier tout ce qu'on a pas fait, et tout ce qu'on aurait pas dû faire. Comme si, à partir d'octobre, on allait avoir la chance de tout revivre, sans faire les erreurs qu'on a déjà fait. Comme si, oui comme si, parce qu'après tout, ici, tout n'est qu'apparence... Seulement, je ne peux pas oublier 10 ans comme ça. Dix années dans une deuxième maison. On connaît chaque mur, chaque recoin, chaque fissure. On a appris à aimer, ou à ne pas aimer, chaque personne qui y vit, et qui y travaille. Comment peut-on oublier comme ça ?
Cette année, il n'y aura pas de rentrée au Sacré Coeur...
Et puis, y'a cette rue, dans laquelle on ne passera désormais que par hasard. Et cette maison qui va changer d'habitants. On oubliera chaque arbre, fleur et brin d'herbes. On ne pensera plus à ces dessins accrochés sur le frigo, ni à cette pendule, qui nous indiquait toujours qu'on avait 5 minutes de retard. Et puis ce petit bonzaï près de l'évier, baptisé V. Le four et ses pommes dauphines, "euh un plat ?" Y'aura plus d'arôme au sirop thé glacé. Ni de chewing gum lancés au travers des pièces.
Et cette table qui a vu tant de cartes et de croquis défilés. Y'aura plus de petites culottes repoussées du coin du pied sous un lit. Plus de CD de Jazz en boucle. Encore moins d'odeur dans les draps. Et surtout, cette astuce à ne plus oublier, qui a sauvé des vies sans le vouloir. Toujours un pull assez large et un pantalon facile à enfiler dans un coin.
Ce coeur qui bondit, à chaque fois que la petite fenêtre apparaît. Et si aujourd'hui tout était différent ?
"Les îles je les ai méritées, mes ailes je n'les ai pas volées." C'est cette coïncidence, qui fait que je n'peux pas abandonner. Y'a tous ces souvenirs, qu'on échangerait pour rien au monde, y'a ces envies de réel à troquer contre les espérances vaines et inutiles. Une patience à fleur de peau, mais après tout, on a pas d'autres solutions. On décrocherait les étoiles s'il fallait. Il suffirait de demander. Je ne peux imaginer ma vie sans ça. Sans un sourire qui s'étire sur mes lèvres. Sans cette envie de pleurer, tellement on est bien. Mais on aimerait tellement tout donner pour voir briller ces yeux bleus verts. Pour pouvoir frôler, toucher, voir, sentir, entendre. Oui mais voilà. Je ne compte que pour la moitié. Là ou pas, ça ne change rien, tout est différent. It's over I know. Et on sait très bien, que si on était pas là, le monde, son monde, tournerait tout de même, peut-être même mieux. Ce rêve, que dis-je, MON rêve. Mais comme tous les rêves, il est irréalisable. "Que c'est dommage".
My funny Valentine...
Je quitte ce monde qui est le mien, pour en construire un autre par obligation. Comme un déménagement, à la différence près, que je ne bouge pas de chez moi. Et on espère que dans 10 ans, tout n'aura pas changé complètement. Et on espère que tous les gens qu'on aime ne partiront pas de notre tête et de notre coeur. Et j'espère surtout, que tu ne me laisseras pas tomber, toi à qui le ciel à donner une seconde chance. Ne m'oublie pas, emmène-moi toujours avec toi, où que tu ailles. Je ne veux pas te perdre. Tu me manques...